Restauration des Forêts Dégradées,
Reboisement & Réhabilitation Écologique
Données du Projet
- Référence
- IBCE-RC/PRJ-RF-SC/2023-007
- Pays
- République du Cameroun
- Région
- Sud (Dpt. Mvila & Océan)
- Secteur
- Environnement / Foresterie / Communautés
- Début exécution
- Janvier 2023
- Fin prévue
- Décembre 2027
- Budget total
- 17,8 millions USD (82 % confirmé)
- Contact
- info@ibce-rc.org
Directeur, IBCE-RC
Résumé Exécutif
La Région du Sud Cameroun, corridor de la forêt tropicale dense humide du bassin du Congo, fait face à une déforestation galopante atteignant 85 000 ha par an dans les départements de la Mvila et de l'Océan. Les principaux moteurs en sont l'agriculture itinérante sur brûlis, l'exploitation forestière incontrôlée, la collecte de bois-énergie et la conversion des terres pour les cultures pérennes d'export (cacao, huile de palme). Cette pression, exercée sur un massif forestier abritant plus de 9 000 espèces végétales et constituant un réservoir carbone estimé à 2,8 PgC, représente une menace grave pour la résilience climatique régionale et le bien-être des communautés riveraines.
En réponse à cette urgence, l'IBCE-RC a lancé en janvier 2023 le Projet de Restauration des Forêts Dégradées, de Reboisement et de Réhabilitation Écologique des Zones Déforestées dans la Région du Sud Cameroun. Ce projet quinquennal (2023–2027), actuellement en cours d'exécution, place les communautés locales — agriculteurs, femmes transformatrices, jeunes ruraux, organisations paysannes — au cœur de son dispositif, en combinant approches scientifiques de restauration écologique et savoirs traditionnels locaux.
Objectif central : Restaurer 45 000 hectares de forêts dégradées et déforestées, séquestrer 3,2 MtCO₂ sur cinq ans, et améliorer durablement les moyens de vie de 12 500 ménages ruraux dans 28 communautés d'intervention.
1. Contexte et Justification du Projet
1.1 Situation forestière de la Région du Sud Cameroun
La Région du Sud Cameroun, avec ses quelque 5,2 millions d'hectares de forêts tropicales denses humides, représente l'une des zones de biodiversité les plus remarquables d'Afrique centrale. Les départements de la Mvila (chef-lieu Ebolowa) et de l'Océan (chef-lieu Kribi) constituent un continuum forestier avec le massif du Congo, abritant des espèces emblématiques — gorilles de plaine, chimpanzés, éléphants de forêt — et des communautés autochtones Baka dont les pratiques de vie sont intrinsèquement liées à l'intégrité des écosystèmes forestiers.
Les données satellitaires traitées par l'IBCE-RC pour la période 2000–2023 indiquent une perte forestière nette cumulée de 1,85 million d'hectares dans la région, soit une réduction de 35,6 % du couvert forestier initial. L'analyse spatiotemporelle révèle cinq catégories de pressions, par ordre d'importance décroissante :
1.2 Impacts sur les communautés et le climat
La déforestation a entraîné une réduction de 28 % des débits de base des rivières locales, affectant directement les systèmes d'approvisionnement en eau potable de 340 villages. Les rendements agricoles dans les zones déboisées ont chuté de 35 % en moyenne sur la dernière décennie. Du point de vue climatique, les forêts dégradées de la région émettent désormais 4,8 MtCO₂/an, contre une séquestration nette potentielle de 8,2 MtCO₂/an si le couvert forestier était maintenu à son niveau de 2000.
1.3 Cadre stratégique et légal
2. Objectifs du Projet
Objectif général
Contribuer à la conservation de la biodiversité forestière et à l'atténuation des changements climatiques dans la Région du Sud Cameroun en restaurant et réhabilitant 45 000 hectares de forêts dégradées, en renforçant la résilience écologique des paysages forestiers et en améliorant durablement les moyens de vie de 12 500 ménages ruraux à travers l'engagement actif et la valorisation des savoirs des communautés locales.
Objectifs spécifiques
3. Zone d'Intervention et Communautés Cibles
3.1 Présentation géographique
La zone d'intervention couvre les départements de la Mvila (arrondissements d'Ebolowa I & II, Biwong-Bané, Mengong, Mvangan et Ngoulemakong) et de l'Océan (arrondissements de Kribi I & II, Lokoundjé, Bipindi et Campo). Cette zone correspond au corridor forestier de transition entre le massif du Campo-Ma'an et le massif du Dja, deux réserves de biosphère de l'UNESCO.
3.2 Communautés locales engagées
Le projet implique directement 28 communautés locales, regroupant des populations Beti (Bulu, Fang, Ewondo), Baka (peuples autochtones de la forêt) et populations migrantes. La consultation préalable, libre et éclairée (CPLE) menée en 2022 a permis de cartographier les territoires communautaires et de recueillir les consentements formels.
Communauté de Biwong-Bané
- Ménages engagés
- 380 ménages
- Superficie ciblée
- 4 200 ha
- Essences prioritaires
- Ayous, Iroko, Moabi, Padouk
- Statut
- Phase II active
Communauté de Bipindi
- Ménages engagés
- 290 ménages
- Superficie ciblée
- 3 800 ha
- Essences prioritaires
- Fraké, Sapelli, Tali, Doussié
- Statut
- Phase II active
Communauté Baka de Campo
- Ménages engagés
- 145 ménages — Baka
- Superficie ciblée
- 2 600 ha, zone critique
- Essences prioritaires
- Mbanga, Moabi, fruits sauvages
- Statut
- Phase I achevée
Groupement de Ngoulemakong
- Ménages engagés
- 420 ménages
- Superficie ciblée
- 5 100 ha
- Essences prioritaires
- Azobé, Sipo, Longhi, Okoumé
- Statut
- Phase I achevée
Tableau 1 — Répartition des zones d'intervention par département
| Arrondissement | Département | Superficie dégradée (ha) | Superficie à restaurer (ha) | Nb. communautés | Statut |
|---|---|---|---|---|---|
| Ebolowa I & II | Mvila | 12 400 | 8 000 | 5 | Phase II |
| Biwong-Bané | Mvila | 8 200 | 6 200 | 4 | Phase II |
| Mengong | Mvila | 6 800 | 5 000 | 3 | Phase I |
| Mvangan | Mvila | 5 400 | 4 000 | 3 | Phase II |
| Ngoulemakong | Mvila | 9 100 | 7 200 | 4 | Phase II |
| Kribi I & II | Océan | 7 800 | 5 500 | 3 | Phase II |
| Bipindi | Océan | 6 600 | 4 800 | 3 | Phase II |
| Lokoundjé | Océan | 4 800 | 3 300 | 2 | Phase I |
| Campo | Océan | 3 400 | 3 000 | 3 | Transition II |
| TOTAL | — | 64 500 | 47 000 | 30 | — |
4. Approche Méthodologique et Technique
4.1 Principes directeurs
4.2 Techniques de restauration par niveau de dégradation
| Niveau dégradation | Superficie | Technique principale | Essences utilisées | Densité plantation | Taux survie cible |
|---|---|---|---|---|---|
| Faible (RNA possible) | 18 500 ha | Régénération Naturelle Assistée (RNA) | Espèces pionnières locales | Régénération naturelle guidée | 75 % |
| Modéré (appui requis) | 14 200 ha | RNA + plantation en trouées | Moabi, Ayous, Padouk, Fraké | 300–400 arbres/ha | 70 % |
| Élevé (plantation dense) | 8 800 ha | Plantation à haute densité | Doussié, Sapelli, Iroko, Tali | 500–600 arbres/ha | 65 % |
| Très élevé (réhabilitation) | 3 500 ha | Réhabilitation intensive + agroforesterie | Cacaoyer, Avocatier, Moabi, fruits | Système multicouche | 60 % |
4.3 Réseau des pépinières communautaires
Le projet a établi un réseau de 14 pépinières communautaires décentralisées, avec une capacité de production totale de 2,5 millions de plants par cycle. Chaque pépinière est gérée par un groupement de 15 à 25 femmes formées aux techniques de production de plants forestiers.
| Pépinière | Localisation | Capacité (plants/cycle) | Plants produits (2023-24) | Gestionnaire | Statut |
|---|---|---|---|---|---|
| Pépinière Biwong-Bané | Biwong-Bané, Mvila | 180 000 | 312 000 | Ass. Femmes Forêt Mvila | Opérationnelle |
| Pépinière Bipindi Nord | Bipindi, Océan | 160 000 | 288 000 | GIC Reboisement Océan | Opérationnelle |
| Pépinière Campo-Ma'an | Campo, Océan | 120 000 | 198 000 | Groupement Baka Forêt | Opérationnelle |
| Pépinière Ngoulemakong | Ngoulemakong, Mvila | 200 000 | 356 000 | Coopérative Vert Avenir | Opérationnelle |
| Pépinière Mengong | Mengong, Mvila | 140 000 | 220 000 | Union Paysans Mvila | Opérationnelle |
| Pépinière Kribi | Kribi, Océan | 150 000 | 242 000 | Ass. Jeunes Reboiseurs | Opérationnelle |
| 8 autres pépinières | Divers arrondissements | 1 050 000 | 1 684 000 | Groupements locaux | Opérationnelles |
| TOTAL RÉSEAU | — | 2 000 000 | 3 300 000 | 14 groupements | 100 % opérationnel |
5. Plan de Mise en Œuvre — Phases d'Exécution
Le projet est structuré en cinq phases d'exécution annuelles. L'état d'avancement présenté correspond à la situation au 31 mars 2025.
Préparation, diagnostics et mobilisation communautaire
Pose des fondements scientifiques, institutionnels et communautaires du projet
- Cartographie fine des zones dégradées à 10 m de résolution (18 340 ha diagnostiqués dans les 10 arrondissements)
- Constitution et formation des 28 Comités Villageois de Restauration Forestière (CVRF)
- Réalisation des consultations préalables libres et éclairées (CPLE) dans 28 localités
- Établissement de 612 placettes permanentes de monitoring écologique
- Lancement des 14 pépinières communautaires et formation de 312 femmes-pépiniéristes
- Signature des accords de partenariat avec 28 chefferies traditionnelles et 6 associations paysannes
- Mise en place du système de monitoring carbone (baseline : 2,1 tCO₂/ha/an moyen)
Restauration active — secteurs prioritaires haute valeur
Premières opérations massives de plantation et de RNA sur les 18 zones prioritaires
- Plantation de 7 800 ha par RNA assistée dans les zones à dégradation faible à modérée
- Plantation intensive de 3 200 ha dans les zones à dégradation élevée (1,6 M plants mis en terre)
- Taux de survie moyen des plantations : 71,4 % (objectif : 68 %) — résultat supérieur aux prévisions
- Formation de 840 agriculteurs aux techniques d'agroforesterie et de gestion forestière communautaire
- Création de 6 nouveaux pare-feux stratégiques totalisant 180 km linéaires
- Soumission du premier Rapport de Surveillance Carbone (Verra VCS) : 0,54 MtCO₂ certifiée
Extension et consolidation — reboisement à grande échelle
Extension aux 12 zones secondaires, consolidation des résultats des phases précédentes
- Objectif : planter 12 000 ha supplémentaires (6 000 ha RNA + 4 000 ha plantation + 2 000 ha agroforesterie)
- Réalisé au 31/03/2025 : 4 800 ha plantés (40 % de l'objectif annuel), saison principale avril-juin 2025 en préparation
- Production de 900 000 plants en cours pour la saison principale
- Formation de 420 nouveaux acteurs communautaires (jeunes, femmes des zones d'extension)
- Déploiement de 18 agents communautaires de monitoring formés aux outils GPS et tablettes
- Préparation du 2ème Rapport de Surveillance Carbone : objectif 1,1 MtCO₂ certifiée cumulée
Valorisation, certifications et transfert de gestion
Certification formelle des crédits carbone, valorisation des filières PFNL
- Certification Verra VCS + CCBS pour l'ensemble des zones restaurées (objectif : 2,1 MtCO₂ certifiée cumulée)
- Mise en marché des premiers crédits carbone communautaires (revenus estimés : 4,2 M USD pour les communautés)
- Structuration de 12 coopératives forestières communautaires et appui à leur enregistrement légal
- Développement des filières PFNL : Moabi (huile cosmétique), Gnetum (légume), miel, plantes médicinales
- Transfert de gestion progressive (50 % des zones en gestion autonome)
- Mise en place d'un fonds fiduciaire communautaire alimenté par les revenus carbone
Capitalisation, pérennisation et réplication
Consolidation de la pérennité des résultats, passage à l'échelle régionale
- Atteinte de l'objectif de 45 000 ha restaurés et certification finale (3,2 MtCO₂ cumulée)
- Transfert complet de la gestion des zones restaurées aux 28 CVRF
- Production du rapport de capitalisation : leçons apprises, guide méthodologique de réplication
- Développement d'un projet de 2ème phase couvrant 80 000 ha supplémentaires dans les régions Centre et Est
- Organisation d'un forum régional de partage d'expérience avec les États du bassin du Congo
- Évaluation finale externe et publication des résultats dans des revues scientifiques à comité de lecture
6. Résultats Atteints et État d'Avancement
6.1 Résultats écologiques
Les résultats écologiques obtenus à mi-parcours du projet (fin 2024) dépassent les prévisions initiales sur plusieurs indicateurs clés. Le taux de survie moyen des plantations (71,4 %) excède de 3,4 points l'objectif contractuel de 68 %, témoignant de la qualité des techniques appliquées et de l'implication des communautés.
| Indicateur | Cible 2 ans | Résultat atteint | Taux de réalisation | Évaluation |
|---|---|---|---|---|
| Superficie restaurée (ha) | 18 000 | 18 200 | 101,1 % | Dépassé |
| Taux de survie moyen plantations | 68 % | 71,4 % | +3,4 pts | Dépassé |
| Plants produits en pépinières | 2 000 000 | 2 100 000 | 105 % | Dépassé |
| Espèces autochtones utilisées | 280 | 320 espèces | 114,3 % | Dépassé |
| Km de corridors forestiers créés | 120 km | 138 km | 115 % | Dépassé |
| Bassins versants protégés | 12 | 14 | 116,7 % | Dépassé |
| CO₂ séquestré certifié | 0,8 MtCO₂ | 0,54 MtCO₂ | 67,5 % | En vérification |
6.2 Résultats sociaux et économiques
« Avant le projet, je ne gagnais rien de la forêt, j'avais même abandonné mes champs à cause de la pauvreté des sols. Aujourd'hui, ma pépinière produit 8 000 plants par mois, mon jardin agroforestier commence à donner des revenus, et mes enfants mangent mieux. La forêt n'est plus un problème, elle est devenue notre avenir. »— Marie-Claire Ondoua, responsable de pépinière, Biwong-Bané (Mvila) — Enquête mi-parcours, février 2025
7. Gouvernance du Projet et Parties Prenantes
| Instance | Composition | Fréquence | Attributions principales |
|---|---|---|---|
| Comité de Pilotage (COPIL) | IBCE-RC, MINFOF, Gouvernorat, Délégations régionales, représentants CVRF | Trimestrielle | Orientations stratégiques, approbation rapports, arbitrage |
| Comité Technique (COTECH) | Équipe IBCE-RC, experts forestiers, ONG partenaires, chercheurs | Mensuelle | Supervision technique, validation protocoles |
| CVRF (28 comités) | Chefferies, agriculteurs, femmes, jeunes, représentants Baka | Bi-mensuelle | Gestion locale, surveillance, entretien zones restaurées |
| Comité Carbone | IBCE-RC, vérificateur Verra, représentants communautaires | Semestrielle | Validation mesures, préparation rapports de surveillance |
| Commission Genre | Représentantes femmes, CVRF, référent genre IBCE-RC | Mensuelle | Suivi inclusivité, équité genre, filières économiques femmes |
7.2 Partenariats institutionnels
8. Budget et Plan de Financement
Tableau 6 — Budget global du projet (en USD)
| Composante | Phase I (2023) | Phase II (2024) | Phase III (2025) | Phase IV-V (2026-27) | TOTAL (USD) |
|---|---|---|---|---|---|
| Diagnostics & SIG | 280 000 | 180 000 | 140 000 | 120 000 | 720 000 |
| Pépinières & plants | 420 000 | 680 000 | 740 000 | 560 000 | 2 400 000 |
| Opérations de plantation | 620 000 | 1 840 000 | 2 100 000 | 1 940 000 | 6 500 000 |
| RNA & entretien | 310 000 | 720 000 | 840 000 | 1 200 000 | 3 070 000 |
| Formation communautaire | 380 000 | 460 000 | 420 000 | 340 000 | 1 600 000 |
| Monitoring & carbone | 290 000 | 380 000 | 440 000 | 590 000 | 1 700 000 |
| Gouvernance & coordination | 240 000 | 260 000 | 280 000 | 480 000 | 1 260 000 |
| Communication & capitalisation | 80 000 | 100 000 | 120 000 | 250 000 | 550 000 |
| TOTAL ANNUEL | 2 620 000 | 4 620 000 | 5 080 000 | 5 480 000 | 17 800 000 |
Tableau 7 — Sources de financement mobilisées
| Bailleur / Source | Montant (USD) | Pourcentage | Nature | Statut |
|---|---|---|---|---|
| Fonds Vert pour le Climat (FVC) | 7 200 000 | 40,4 % | Subvention | Confirmé |
| Fonds pour l'Environnement Mondial (FEM) | 2 800 000 | 15,7 % | Subvention | Confirmé |
| Programme ONU-REDD | 1 600 000 | 9,0 % | Appui technique+finance | Confirmé |
| Gouvernement du Cameroun | 1 400 000 | 7,9 % | Contrepartie en nature+cash | Confirmé |
| IBCE-RC (fonds propres) | 800 000 | 4,5 % | Fonds propres institutionnels | Confirmé |
| Revenus crédits carbone (Verra) | 2 800 000 | 15,7 % | Revenus propres | En mobilisation |
| Partenaires privés (certifications durables) | 1 200 000 | 6,7 % | Investissement privé | Négociation avancée |
| TOTAL MOBILISÉ | 17 800 000 | 100 % | — | 82 % confirmé |
9. Système de Monitoring et Évaluation
| Indicateur | Baseline (2022) | Cible 2025 | Cible 2027 | Valeur actuelle (2025) |
|---|---|---|---|---|
| Superficie forêts restaurées (ha) | 0 | 25 000 | 45 000 | 18 200 |
| Taux couverture forestière zone (%) | 42 % | 52 % | 60 % | 48 % (en progression) |
| CO₂ séquestré certifié (MtCO₂) | 0 | 1,1 | 3,2 | 0,54 (vérification en cours) |
| Revenus ménages zone projet (USD/an) | 480 | 650 | 720 | 618 (+28 %) |
| Espèces végétales autochtones utilisées | 0 | 250 | 320 | 320 (dépassé) |
| Communautés en gestion autonome (%) | 0 % | 20 % | 80 % | 25 % (Phase III) |
| Emplois verts créés | 0 | 600 | 1 200 | 840 |
| Femmes dans gouvernance (%) | 18 % | 35 % | 45 % | 38 % (objectif dépassé) |
Le monitoring écologique est assuré par un réseau de 612 placettes permanentes (0,25 ha chacune), visitées semestriellement. Pour le monitoring carbone, le projet applique la méthodologie Verra VM0007 (REDD+ Methodology Framework) couplée à VM0042, avec vérification tierce annuelle par un auditeur accrédité Verra.
10. Analyse des Risques et Mesures d'Atténuation
| Risque identifié | Probabilité | Impact | Mesures d'atténuation |
|---|---|---|---|
| Feux de forêt incontrôlés | Modérée | Élevé | 180 km de pare-feux + 28 brigades anti-incendie communautaires |
| Mortalité anormale des plants (sécheresse) | Faible-Mod. | Modéré | Espèces tolérantes sécheresse, paillage, irrigation d'appoint |
| Conflits fonciers sur zones restaurées | Modérée | Élevé | CPLE renforcée, enregistrement légal des droits communautaires, médiation traditionnelle |
| Insuffisance financement (revenus carbone) | Faible | Élevé | Diversification sources (FVC, FEM, privé), fonds de roulement, valorisation PFNL parallèle |
| Pression persistante agriculture abattis | Élevée | Modéré | Système agroforestier alternatif, formation, appui intrants, filières économiques PFNL |
| Défection communautés | Faible | Élevé | Mécanisme de partage des bénéfices attractif (60 % crédits carbone), emplois locaux |
11. Perspectives et Appel à Partenariat
11.1 Résultats attendus d'ici fin 2027
À l'horizon de clôture du projet en décembre 2027, les résultats consolidés attendus sont : restauration intégrale de 45 000 ha de forêts dégradées, séquestration certifiée de 3,2 MtCO₂, amélioration durable des moyens de subsistance de 12 500 ménages ruraux, création de 1 200 emplois verts permanents et transfert de la gestion de 80 % des zones restaurées à des organisations communautaires légalement constituées et financièrement autonomes.
11.2 Vision de passage à l'échelle
Le projet constitue le prototype d'un programme de restauration forestière participative réplicable à l'échelle de l'ensemble du bassin du Congo. L'IBCE-RC prépare un programme de seconde phase ciblant 80 000 ha supplémentaires dans les régions Centre, Est et Littoral du Cameroun, ainsi qu'une extension aux pays voisins (Congo-Brazzaville, Gabon) dans le cadre du Mécanisme Forestier du Bassin du Congo (MECAFOR).
Gap de financement — Opportunités pour de nouveaux partenaires
Malgré les financements confirmés à hauteur de 82 % du budget, un gap de 3,2 millions USD subsiste pour la pleine exécution du projet sur la période 2025–2027.
12. Conclusion
Le Projet de Restauration des Forêts Dégradées, de Reboisement et de Réhabilitation Écologique de la Région du Sud Cameroun est une démonstration concrète qu'il est possible de concilier restauration écologique ambitieuse, développement communautaire équitable et valorisation économique du carbone forestier. À mi-parcours, les résultats dépassent les prévisions initiales sur sept des huit indicateurs écologiques suivis, et l'impact socioéconomique positif sur les communautés rurales est déjà tangible.
Ce projet n'est pas seulement un programme de plantation d'arbres. C'est une démarche de transformation des relations entre les communautés humaines et leurs forêts — une transformation fondée sur la science, le respect des droits et des savoirs locaux, et la conviction que la forêt tropicale peut être simultanément un puits de carbone mondial, un réservoir de biodiversité irremplaçable et une source de vie et de revenus pour des millions de personnes.
Rejoindre le Projet
Pour rejoindre le projet, devenir partenaire ou obtenir des données et rapports d'avancement, contactez le porteur de projet.
Yaoundé, Cameroun — Bassin du Congo
info@ibce-rc.org
(+237) 697 874 374 / 678 202 974

