Forêt tropicale dense humide — Sud Cameroun
Projet en cours d'exécution · Restauration Forestière · Sud Cameroun

Restauration des Forêts Dégradées,
Reboisement & Réhabilitation Écologique

Région Dpt. Mvila & Océan — Cameroun
Durée totale 5 ans (Jan. 2023 – Déc. 2027)
Référence IBCE-RC/PRJ-RF-SC/2023-007
Statut EN COURS
45 000 hectares Surface cible de restauration
18 200 ha restaurés Superficie réhabilitée à ce jour
28 communautés Localités engagées
12 500 ménages Bénéficiaires directs
2,1 M plants Plants produits en pépinières
3,2 MtCO₂ Séquestration carbone projetée
320 espèces Essences autochtones utilisées
40 % progression Taux de réalisation global

Données du Projet

Référence
IBCE-RC/PRJ-RF-SC/2023-007
Pays
République du Cameroun
Région
Sud (Dpt. Mvila & Océan)
Secteur
Environnement / Foresterie / Communautés
Début exécution
Janvier 2023
Fin prévue
Décembre 2027
Budget total
17,8 millions USD (82 % confirmé)
ELLA NTYAM Steve
Physicien de l'Environnement
Directeur, IBCE-RC
Institut du Bassin du Congo pour l'Environnement et la Résilience Climatique

Résumé Exécutif

La Région du Sud Cameroun, corridor de la forêt tropicale dense humide du bassin du Congo, fait face à une déforestation galopante atteignant 85 000 ha par an dans les départements de la Mvila et de l'Océan. Les principaux moteurs en sont l'agriculture itinérante sur brûlis, l'exploitation forestière incontrôlée, la collecte de bois-énergie et la conversion des terres pour les cultures pérennes d'export (cacao, huile de palme). Cette pression, exercée sur un massif forestier abritant plus de 9 000 espèces végétales et constituant un réservoir carbone estimé à 2,8 PgC, représente une menace grave pour la résilience climatique régionale et le bien-être des communautés riveraines.

En réponse à cette urgence, l'IBCE-RC a lancé en janvier 2023 le Projet de Restauration des Forêts Dégradées, de Reboisement et de Réhabilitation Écologique des Zones Déforestées dans la Région du Sud Cameroun. Ce projet quinquennal (2023–2027), actuellement en cours d'exécution, place les communautés locales — agriculteurs, femmes transformatrices, jeunes ruraux, organisations paysannes — au cœur de son dispositif, en combinant approches scientifiques de restauration écologique et savoirs traditionnels locaux.

Objectif central : Restaurer 45 000 hectares de forêts dégradées et déforestées, séquestrer 3,2 MtCO₂ sur cinq ans, et améliorer durablement les moyens de vie de 12 500 ménages ruraux dans 28 communautés d'intervention.

1. Contexte et Justification du Projet

1.1 Situation forestière de la Région du Sud Cameroun

La Région du Sud Cameroun, avec ses quelque 5,2 millions d'hectares de forêts tropicales denses humides, représente l'une des zones de biodiversité les plus remarquables d'Afrique centrale. Les départements de la Mvila (chef-lieu Ebolowa) et de l'Océan (chef-lieu Kribi) constituent un continuum forestier avec le massif du Congo, abritant des espèces emblématiques — gorilles de plaine, chimpanzés, éléphants de forêt — et des communautés autochtones Baka dont les pratiques de vie sont intrinsèquement liées à l'intégrité des écosystèmes forestiers.

Les données satellitaires traitées par l'IBCE-RC pour la période 2000–2023 indiquent une perte forestière nette cumulée de 1,85 million d'hectares dans la région, soit une réduction de 35,6 % du couvert forestier initial. L'analyse spatiotemporelle révèle cinq catégories de pressions, par ordre d'importance décroissante :

Agriculture de subsistance sur abattis-brûlis (41 % des pertes)
Plantations industrielles de cacao et d'huile de palme (24 %)
Exploitation forestière légale et illégale (19 %)
Collecte de bois-énergie (10 %)
Expansion des zones d'habitat (6 %)

1.2 Impacts sur les communautés et le climat

La déforestation a entraîné une réduction de 28 % des débits de base des rivières locales, affectant directement les systèmes d'approvisionnement en eau potable de 340 villages. Les rendements agricoles dans les zones déboisées ont chuté de 35 % en moyenne sur la dernière décennie. Du point de vue climatique, les forêts dégradées de la région émettent désormais 4,8 MtCO₂/an, contre une séquestration nette potentielle de 8,2 MtCO₂/an si le couvert forestier était maintenu à son niveau de 2000.

1.3 Cadre stratégique et légal

Stratégie Nationale REDD+ du Cameroun (révisée 2022) — objectif : restauration de 12 Mha à l'horizon 2030
Initiative AFR100 (African Forest Landscape Restoration Initiative)
Contribution Déterminée au niveau National (CDN) du Cameroun révisée 2021 — réduction de 35 % des GES à l'horizon 2030
Loi forestière camerounaise N° 94/01 du 20 janvier 1994 et décret d'application N° 95/531/PM

2. Objectifs du Projet

Objectif général

Contribuer à la conservation de la biodiversité forestière et à l'atténuation des changements climatiques dans la Région du Sud Cameroun en restaurant et réhabilitant 45 000 hectares de forêts dégradées, en renforçant la résilience écologique des paysages forestiers et en améliorant durablement les moyens de vie de 12 500 ménages ruraux à travers l'engagement actif et la valorisation des savoirs des communautés locales.

Objectifs spécifiques

OS 1 — Restauration écologique active : Replanter et régénérer naturellement 45 000 ha en utilisant des espèces autochtones et des techniques adaptées aux conditions pédoclimatiques locales.
OS 2 — Engagement communautaire : Former et organiser 2 500 acteurs communautaires pour assurer la mise en œuvre participative et la gouvernance durable des zones restaurées.
OS 3 — Moyens de subsistance : Développer des systèmes agroforestiers permettant d'accroître les revenus des ménages de 40 % en moyenne.
OS 4 — Séquestration carbone : Générer et certifier 3,2 MtCO₂ de crédits carbone forestiers sur cinq ans, contribuant aux objectifs REDD+ du Cameroun.
OS 5 — Monitoring et durabilité : Mettre en place un système de monitoring écologique participatif assurant le suivi continu des indicateurs de restauration, de biodiversité et de carbone.

3. Zone d'Intervention et Communautés Cibles

3.1 Présentation géographique

La zone d'intervention couvre les départements de la Mvila (arrondissements d'Ebolowa I & II, Biwong-Bané, Mengong, Mvangan et Ngoulemakong) et de l'Océan (arrondissements de Kribi I & II, Lokoundjé, Bipindi et Campo). Cette zone correspond au corridor forestier de transition entre le massif du Campo-Ma'an et le massif du Dja, deux réserves de biosphère de l'UNESCO.

3.2 Communautés locales engagées

Le projet implique directement 28 communautés locales, regroupant des populations Beti (Bulu, Fang, Ewondo), Baka (peuples autochtones de la forêt) et populations migrantes. La consultation préalable, libre et éclairée (CPLE) menée en 2022 a permis de cartographier les territoires communautaires et de recueillir les consentements formels.

Communauté de Biwong-Bané

Arrondissement de Biwong-Bané, Mvila
Ménages engagés
380 ménages
Superficie ciblée
4 200 ha
Essences prioritaires
Ayous, Iroko, Moabi, Padouk
Statut
Phase II active

Communauté de Bipindi

Arrondissement de Bipindi, Océan
Ménages engagés
290 ménages
Superficie ciblée
3 800 ha
Essences prioritaires
Fraké, Sapelli, Tali, Doussié
Statut
Phase II active

Communauté Baka de Campo

Arrondissement de Campo, Océan
Ménages engagés
145 ménages — Baka
Superficie ciblée
2 600 ha, zone critique
Essences prioritaires
Mbanga, Moabi, fruits sauvages
Statut
Phase I achevée

Groupement de Ngoulemakong

Arrondissement de Ngoulemakong, Mvila
Ménages engagés
420 ménages
Superficie ciblée
5 100 ha
Essences prioritaires
Azobé, Sipo, Longhi, Okoumé
Statut
Phase I achevée

Tableau 1 — Répartition des zones d'intervention par département

Arrondissement Département Superficie dégradée (ha) Superficie à restaurer (ha) Nb. communautés Statut
Ebolowa I & IIMvila12 4008 0005Phase II
Biwong-BanéMvila8 2006 2004Phase II
MengongMvila6 8005 0003Phase I
MvanganMvila5 4004 0003Phase II
NgoulemakongMvila9 1007 2004Phase II
Kribi I & IIOcéan7 8005 5003Phase II
BipindiOcéan6 6004 8003Phase II
LokoundjéOcéan4 8003 3002Phase I
CampoOcéan3 4003 0003Transition II
TOTAL64 50047 00030

4. Approche Méthodologique et Technique

4.1 Principes directeurs

Restauration basée sur les processus naturels : Priorité à la Régénération Naturelle Assistée (RNA) et à la plantation avec des espèces autochtones adaptées.
Participation communautaire pleine et effective : Chaque communauté dispose d'un Comité Villageois de Restauration Forestière (CVRF) légalement constitué.
Valorisation des savoirs écologiques locaux (SEL) : Les savoirs botaniques Beti et Baka sont documentés et intégrés dans les plans de restauration.
Intégration agroforestière : Cacaoyers sous ombrage, jardins à pharmacopée, arbres fruitiers locaux — pour des revenus durables aux ménages.
Approche paysagère : Planification à l'échelle du paysage pour maximiser la connectivité entre fragments forestiers et optimiser les fonctions hydrologiques.
Transparence carbone : 60 % des revenus carbone pour les communautés, 20 % pour le fonds de maintenance, 20 % pour IBCE-RC.

4.2 Techniques de restauration par niveau de dégradation

Niveau dégradation Superficie Technique principale Essences utilisées Densité plantation Taux survie cible
Faible (RNA possible)18 500 haRégénération Naturelle Assistée (RNA)Espèces pionnières localesRégénération naturelle guidée75 %
Modéré (appui requis)14 200 haRNA + plantation en trouéesMoabi, Ayous, Padouk, Fraké300–400 arbres/ha70 %
Élevé (plantation dense)8 800 haPlantation à haute densitéDoussié, Sapelli, Iroko, Tali500–600 arbres/ha65 %
Très élevé (réhabilitation)3 500 haRéhabilitation intensive + agroforesterieCacaoyer, Avocatier, Moabi, fruitsSystème multicouche60 %

4.3 Réseau des pépinières communautaires

Le projet a établi un réseau de 14 pépinières communautaires décentralisées, avec une capacité de production totale de 2,5 millions de plants par cycle. Chaque pépinière est gérée par un groupement de 15 à 25 femmes formées aux techniques de production de plants forestiers.

Pépinière Localisation Capacité (plants/cycle) Plants produits (2023-24) Gestionnaire Statut
Pépinière Biwong-BanéBiwong-Bané, Mvila180 000312 000Ass. Femmes Forêt MvilaOpérationnelle
Pépinière Bipindi NordBipindi, Océan160 000288 000GIC Reboisement OcéanOpérationnelle
Pépinière Campo-Ma'anCampo, Océan120 000198 000Groupement Baka ForêtOpérationnelle
Pépinière NgoulemakongNgoulemakong, Mvila200 000356 000Coopérative Vert AvenirOpérationnelle
Pépinière MengongMengong, Mvila140 000220 000Union Paysans MvilaOpérationnelle
Pépinière KribiKribi, Océan150 000242 000Ass. Jeunes ReboiseursOpérationnelle
8 autres pépinièresDivers arrondissements1 050 0001 684 000Groupements locauxOpérationnelles
TOTAL RÉSEAU2 000 0003 300 00014 groupements100 % opérationnel

5. Plan de Mise en Œuvre — Phases d'Exécution

Le projet est structuré en cinq phases d'exécution annuelles. L'état d'avancement présenté correspond à la situation au 31 mars 2025.

IJan–Déc 2023

Préparation, diagnostics et mobilisation communautaire

Pose des fondements scientifiques, institutionnels et communautaires du projet

ACHEVÉE — 100 %
  • Cartographie fine des zones dégradées à 10 m de résolution (18 340 ha diagnostiqués dans les 10 arrondissements)
  • Constitution et formation des 28 Comités Villageois de Restauration Forestière (CVRF)
  • Réalisation des consultations préalables libres et éclairées (CPLE) dans 28 localités
  • Établissement de 612 placettes permanentes de monitoring écologique
  • Lancement des 14 pépinières communautaires et formation de 312 femmes-pépiniéristes
  • Signature des accords de partenariat avec 28 chefferies traditionnelles et 6 associations paysannes
  • Mise en place du système de monitoring carbone (baseline : 2,1 tCO₂/ha/an moyen)
IIJan–Déc 2024

Restauration active — secteurs prioritaires haute valeur

Premières opérations massives de plantation et de RNA sur les 18 zones prioritaires

ACHEVÉE — 100 %
  • Plantation de 7 800 ha par RNA assistée dans les zones à dégradation faible à modérée
  • Plantation intensive de 3 200 ha dans les zones à dégradation élevée (1,6 M plants mis en terre)
  • Taux de survie moyen des plantations : 71,4 % (objectif : 68 %) — résultat supérieur aux prévisions
  • Formation de 840 agriculteurs aux techniques d'agroforesterie et de gestion forestière communautaire
  • Création de 6 nouveaux pare-feux stratégiques totalisant 180 km linéaires
  • Soumission du premier Rapport de Surveillance Carbone (Verra VCS) : 0,54 MtCO₂ certifiée
IIIJan–Déc 2025

Extension et consolidation — reboisement à grande échelle

Extension aux 12 zones secondaires, consolidation des résultats des phases précédentes

EN COURS — 40 %
  • Objectif : planter 12 000 ha supplémentaires (6 000 ha RNA + 4 000 ha plantation + 2 000 ha agroforesterie)
  • Réalisé au 31/03/2025 : 4 800 ha plantés (40 % de l'objectif annuel), saison principale avril-juin 2025 en préparation
  • Production de 900 000 plants en cours pour la saison principale
  • Formation de 420 nouveaux acteurs communautaires (jeunes, femmes des zones d'extension)
  • Déploiement de 18 agents communautaires de monitoring formés aux outils GPS et tablettes
  • Préparation du 2ème Rapport de Surveillance Carbone : objectif 1,1 MtCO₂ certifiée cumulée
IVJan–Déc 2026

Valorisation, certifications et transfert de gestion

Certification formelle des crédits carbone, valorisation des filières PFNL

PLANIFIÉE
  • Certification Verra VCS + CCBS pour l'ensemble des zones restaurées (objectif : 2,1 MtCO₂ certifiée cumulée)
  • Mise en marché des premiers crédits carbone communautaires (revenus estimés : 4,2 M USD pour les communautés)
  • Structuration de 12 coopératives forestières communautaires et appui à leur enregistrement légal
  • Développement des filières PFNL : Moabi (huile cosmétique), Gnetum (légume), miel, plantes médicinales
  • Transfert de gestion progressive (50 % des zones en gestion autonome)
  • Mise en place d'un fonds fiduciaire communautaire alimenté par les revenus carbone
VJan–Déc 2027

Capitalisation, pérennisation et réplication

Consolidation de la pérennité des résultats, passage à l'échelle régionale

PLANIFIÉE
  • Atteinte de l'objectif de 45 000 ha restaurés et certification finale (3,2 MtCO₂ cumulée)
  • Transfert complet de la gestion des zones restaurées aux 28 CVRF
  • Production du rapport de capitalisation : leçons apprises, guide méthodologique de réplication
  • Développement d'un projet de 2ème phase couvrant 80 000 ha supplémentaires dans les régions Centre et Est
  • Organisation d'un forum régional de partage d'expérience avec les États du bassin du Congo
  • Évaluation finale externe et publication des résultats dans des revues scientifiques à comité de lecture

6. Résultats Atteints et État d'Avancement

6.1 Résultats écologiques

Les résultats écologiques obtenus à mi-parcours du projet (fin 2024) dépassent les prévisions initiales sur plusieurs indicateurs clés. Le taux de survie moyen des plantations (71,4 %) excède de 3,4 points l'objectif contractuel de 68 %, témoignant de la qualité des techniques appliquées et de l'implication des communautés.

Indicateur Cible 2 ans Résultat atteint Taux de réalisation Évaluation
Superficie restaurée (ha)18 00018 200101,1 %Dépassé
Taux de survie moyen plantations68 %71,4 %+3,4 ptsDépassé
Plants produits en pépinières2 000 0002 100 000105 %Dépassé
Espèces autochtones utilisées280320 espèces114,3 %Dépassé
Km de corridors forestiers créés120 km138 km115 %Dépassé
Bassins versants protégés1214116,7 %Dépassé
CO₂ séquestré certifié0,8 MtCO₂0,54 MtCO₂67,5 %En vérification

6.2 Résultats sociaux et économiques

2 500 Acteurs formés en techniques forestières & agroforesterie
+ 28 % Augmentation moyenne des revenus des ménages depuis 2023
312 Femmes employées dans les pépinières communautaires
840 Emplois directs créés dans les communautés
« Avant le projet, je ne gagnais rien de la forêt, j'avais même abandonné mes champs à cause de la pauvreté des sols. Aujourd'hui, ma pépinière produit 8 000 plants par mois, mon jardin agroforestier commence à donner des revenus, et mes enfants mangent mieux. La forêt n'est plus un problème, elle est devenue notre avenir. »
— Marie-Claire Ondoua, responsable de pépinière, Biwong-Bané (Mvila) — Enquête mi-parcours, février 2025

7. Gouvernance du Projet et Parties Prenantes

Instance Composition Fréquence Attributions principales
Comité de Pilotage (COPIL)IBCE-RC, MINFOF, Gouvernorat, Délégations régionales, représentants CVRFTrimestrielleOrientations stratégiques, approbation rapports, arbitrage
Comité Technique (COTECH)Équipe IBCE-RC, experts forestiers, ONG partenaires, chercheursMensuelleSupervision technique, validation protocoles
CVRF (28 comités)Chefferies, agriculteurs, femmes, jeunes, représentants BakaBi-mensuelleGestion locale, surveillance, entretien zones restaurées
Comité CarboneIBCE-RC, vérificateur Verra, représentants communautairesSemestrielleValidation mesures, préparation rapports de surveillance
Commission GenreReprésentantes femmes, CVRF, référent genre IBCE-RCMensuelleSuivi inclusivité, équité genre, filières économiques femmes

7.2 Partenariats institutionnels

Ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF) : Tutelle institutionnelle, autorisation de reboisement, coordination REDD+
Université de Yaoundé I : Appui scientifique, identification botanique, suivi de la biodiversité
REPALEAC : Représentation et protection des droits des communautés Baka
Programme ONU-REDD Cameroun : Appui méthodologique MRV, formation certification carbone
WWF-Cameroun & WCS : Appui biodiversité, protection de la faune dans les corridors restaurés
Verra (Verified Carbon Standard) : Certification des crédits carbone forestiers

8. Budget et Plan de Financement

Tableau 6 — Budget global du projet (en USD)

Composante Phase I (2023) Phase II (2024) Phase III (2025) Phase IV-V (2026-27) TOTAL (USD)
Diagnostics & SIG280 000180 000140 000120 000720 000
Pépinières & plants420 000680 000740 000560 0002 400 000
Opérations de plantation620 0001 840 0002 100 0001 940 0006 500 000
RNA & entretien310 000720 000840 0001 200 0003 070 000
Formation communautaire380 000460 000420 000340 0001 600 000
Monitoring & carbone290 000380 000440 000590 0001 700 000
Gouvernance & coordination240 000260 000280 000480 0001 260 000
Communication & capitalisation80 000100 000120 000250 000550 000
TOTAL ANNUEL2 620 0004 620 0005 080 0005 480 00017 800 000

Tableau 7 — Sources de financement mobilisées

Bailleur / Source Montant (USD) Pourcentage Nature Statut
Fonds Vert pour le Climat (FVC)7 200 00040,4 %SubventionConfirmé
Fonds pour l'Environnement Mondial (FEM)2 800 00015,7 %SubventionConfirmé
Programme ONU-REDD1 600 0009,0 %Appui technique+financeConfirmé
Gouvernement du Cameroun1 400 0007,9 %Contrepartie en nature+cashConfirmé
IBCE-RC (fonds propres)800 0004,5 %Fonds propres institutionnelsConfirmé
Revenus crédits carbone (Verra)2 800 00015,7 %Revenus propresEn mobilisation
Partenaires privés (certifications durables)1 200 0006,7 %Investissement privéNégociation avancée
TOTAL MOBILISÉ17 800 000100 %82 % confirmé

9. Système de Monitoring et Évaluation

Indicateur Baseline (2022) Cible 2025 Cible 2027 Valeur actuelle (2025)
Superficie forêts restaurées (ha)025 00045 00018 200
Taux couverture forestière zone (%)42 %52 %60 %48 % (en progression)
CO₂ séquestré certifié (MtCO₂)01,13,20,54 (vérification en cours)
Revenus ménages zone projet (USD/an)480650720618 (+28 %)
Espèces végétales autochtones utilisées0250320320 (dépassé)
Communautés en gestion autonome (%)0 %20 %80 %25 % (Phase III)
Emplois verts créés06001 200840
Femmes dans gouvernance (%)18 %35 %45 %38 % (objectif dépassé)

Le monitoring écologique est assuré par un réseau de 612 placettes permanentes (0,25 ha chacune), visitées semestriellement. Pour le monitoring carbone, le projet applique la méthodologie Verra VM0007 (REDD+ Methodology Framework) couplée à VM0042, avec vérification tierce annuelle par un auditeur accrédité Verra.

10. Analyse des Risques et Mesures d'Atténuation

Risque identifié Probabilité Impact Mesures d'atténuation
Feux de forêt incontrôlésModéréeÉlevé180 km de pare-feux + 28 brigades anti-incendie communautaires
Mortalité anormale des plants (sécheresse)Faible-Mod.ModéréEspèces tolérantes sécheresse, paillage, irrigation d'appoint
Conflits fonciers sur zones restauréesModéréeÉlevéCPLE renforcée, enregistrement légal des droits communautaires, médiation traditionnelle
Insuffisance financement (revenus carbone)FaibleÉlevéDiversification sources (FVC, FEM, privé), fonds de roulement, valorisation PFNL parallèle
Pression persistante agriculture abattisÉlevéeModéréSystème agroforestier alternatif, formation, appui intrants, filières économiques PFNL
Défection communautésFaibleÉlevéMécanisme de partage des bénéfices attractif (60 % crédits carbone), emplois locaux

11. Perspectives et Appel à Partenariat

11.1 Résultats attendus d'ici fin 2027

À l'horizon de clôture du projet en décembre 2027, les résultats consolidés attendus sont : restauration intégrale de 45 000 ha de forêts dégradées, séquestration certifiée de 3,2 MtCO₂, amélioration durable des moyens de subsistance de 12 500 ménages ruraux, création de 1 200 emplois verts permanents et transfert de la gestion de 80 % des zones restaurées à des organisations communautaires légalement constituées et financièrement autonomes.

11.2 Vision de passage à l'échelle

Le projet constitue le prototype d'un programme de restauration forestière participative réplicable à l'échelle de l'ensemble du bassin du Congo. L'IBCE-RC prépare un programme de seconde phase ciblant 80 000 ha supplémentaires dans les régions Centre, Est et Littoral du Cameroun, ainsi qu'une extension aux pays voisins (Congo-Brazzaville, Gabon) dans le cadre du Mécanisme Forestier du Bassin du Congo (MECAFOR).

Gap de financement — Opportunités pour de nouveaux partenaires

Malgré les financements confirmés à hauteur de 82 % du budget, un gap de 3,2 millions USD subsiste pour la pleine exécution du projet sur la période 2025–2027.

Étendre le réseau de pépinières à 6 nouvelles communautés dans les arrondissements de Mengong et Mvangan (1,2 M USD)
Renforcer le système de monitoring carbone et accélérer la certification Verra (0,8 M USD)
Développer 3 nouvelles filières PFNL à haute valeur ajoutée (huiles essentielles, plantes médicinales, champignons) (0,7 M USD)
Appuyer la structuration légale des 28 coopératives forestières communautaires (0,5 M USD)

12. Conclusion

Le Projet de Restauration des Forêts Dégradées, de Reboisement et de Réhabilitation Écologique de la Région du Sud Cameroun est une démonstration concrète qu'il est possible de concilier restauration écologique ambitieuse, développement communautaire équitable et valorisation économique du carbone forestier. À mi-parcours, les résultats dépassent les prévisions initiales sur sept des huit indicateurs écologiques suivis, et l'impact socioéconomique positif sur les communautés rurales est déjà tangible.

Ce projet n'est pas seulement un programme de plantation d'arbres. C'est une démarche de transformation des relations entre les communautés humaines et leurs forêts — une transformation fondée sur la science, le respect des droits et des savoirs locaux, et la conviction que la forêt tropicale peut être simultanément un puits de carbone mondial, un réservoir de biodiversité irremplaçable et une source de vie et de revenus pour des millions de personnes.

45 000 hectares · 12 500 ménages · 3,2 MtCO₂

Restaurer la forêt, c'est restaurer l'avenir des communautés et du climat.

Rejoindre le Projet

Pour rejoindre le projet, devenir partenaire ou obtenir des données et rapports d'avancement, contactez le porteur de projet.

ELLA NTYAM Steve · Porteur de Projet & Directeur IBCE-RC
Physicien de l'Environnement — Institut du Bassin du Congo pour l'Environnement et la Résilience Climatique
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